Il y a des titres de chapitre qu'on oublie dans la semaine, et puis il y a ceux qui restent en travers de la gorge. « Celui dont la mort réjouit » appartient clairement à la seconde catégorie. Oda a rarement besoin de beaucoup de mots pour installer un malaise, et cette formule fait le travail avant même qu'on ait ouvert la première page du 1190.
Attention, spoilers.
Parce que la phrase pose une question désagréable : qui peut bien mourir sans que personne ne le pleure ? Dans un manga qui a passé vingt-cinq ans à construire des adieux déchirants, du Merry à Corazon, voir le mot réjouir accolé à une disparition, c'est déjà une inversion. Le deuil, chez Oda, est presque toujours un moment de communion entre les personnages et nous. Là, on nous annonce l'exact contraire.
Ce que le titre laisse deviner
Sans entrer dans les détails qui circulent encore en vrac sur les réseaux, plusieurs lectures reviennent chez les lecteurs :
- - une figure d'autorité dont la chute serait fêtée par ceux qu'elle écrasait
- - un personnage secondaire longtemps détesté, dont la fin vient éclairer autre chose
- - une mort mise en scène comme un soulagement collectif, avant le retournement habituel
La troisième piste est celle qui colle le mieux aux habitudes de l'auteur. Il adore vous faire applaudir une scène, puis vous montrer trois chapitres plus tard pourquoi vous auriez mieux fait de vous taire. Certaines révélations de Wano ont retourné comme une crêpe des jugements qu'on croyait pourtant définitifs.
Reste que l'arc final avance vite et que chaque semaine resserre l'étau. Le 1190 n'échappe pas à la règle : même sans connaître son contenu exact, le ton est posé. Nous sommes dans la portion du récit où les comptes se règlent, où des figures installées depuis des centaines de chapitres commencent à tomber pour de bon.
Rendez-vous à la sortie officielle, avec ce titre qui trotte déjà dans la tête et qui promet une lecture tendue.
Source : bleachmx.fr
